En 2020, Antoine et Olivier Hyafil, les deux fils d’Odile Neuburger, découvrent dans un grenier un immense fonds de lettres et de documents écrits ou reçus par leur mère. Parmi-ceux-ci, manifestement, des lettres d’Hélène BERR à Odile et pour une raison à l’époque inexpliquée, des lettres d’Odile à Hélène., 74 lettres d’Hélène Berr et 154 lettres de leur mère. Ils se réunissent le 16 mars chez Tallandier, l’éditeur du Journal d’Hélène BERR avec une partie du fonds. Antoine passe la journée à trier en faisant des tas sur la table de la salle de conférence. A la fin de la journée, il enferme ce qu’il a trié et ce qui reste dans un bureau et se propose de revenir le lendemain. Mais le lendemain, c’est l’annonce du confinement dû au Covid!. Antoine retourne alors chez Tallandier et emmène le tout chez lui, en Eure et Loir. Pendant tout le confinement (et bien au delà), il triera, déchiffrera, dactylographiera, fera des recherches, ajoutera aux documents dactylographiés des notes de bas de page. Pendant ce temps, Olivier retourné chez lui à Londres, enverra chaque jour à son frère des documents scannés provenant du reste du fonds.
Il faut se rendre à l’évidence: le butin est considérable: 154 lettres d’Odile à Hélène et 74 lettres d’Hélène à Odile:
- Du 16 juillet 1934 au 12 avril 1939, les échanges sont abondants.
- Du 12 avril 1939 au 23 février 1943, seules les lettres envoyées par Odile Neuburger à Hélène Berr ont été retrouvées. De septembre 1940 à avril 1942 les deux amies sont toutes les deux à Paris et se voient de façon quasi-quotidienne.. Les seules lettres sont donc celles écrites par Odile au cours l’été 1941, après que celle-ci ait passé clandestinement la « ligne » pour voir des membres de sa famille et de la famille de son fiancé réfugiés en zone Sud.. Elle revient à Paris en septembre 1941. Dès qu’Odile est définitivement en zone sud, à partir d’avril 1942, leur correspondance reprend, sauf qu’il nous manque les lettres d’Hélène.
- Du 23 février 1943 jusqu’au 1er Septembre 1943, à nouveau, les lettres envoyées par Hélène ou Odile se répondent.
- Puis de Septembre 1943 jusqu’au 1er mars 1944 soit sept jours avant son arrestation, seules nous sont parvenues les lettres d’Hélène,
Bien sûr il y a des trous. Et par moment, notamment du côté d’Odile, la moisson est trop abondante pour que tout puisse être publié. Mais Tallandier est intéressé et demande à Dominique Missika, dont la compétence sur la période est reconnue, de jouer le rôle d’éditeur afin de publier un ouvrage.qui deviendra; Hélène BERR – Odile NEUBURGER, « Correspondance 1934-1944 », Tallandier, octobre 2022.

Afin de ne pas alourdir le volume, seules les lettres envoyées par Hélène Berr sont publiées in extenso. Parce qu’elles remontent à son adolescence, elles permettent une meilleure compréhension de la personnalité d’Hélène, et dans une certaine mesure de l’imact de la relation entre les deux jeunes filles sur l »évolution de cette personnalité. Par ailleurs, les lettres comblent partiellement l’interruption de presque un an dans l’écriture du Journal d’Hélène et permettent de connaître tant ses activités que l’évolution de ses sentiments pendant cette interruption.
En ce qui concerne les lettres d’Odile, en revanche, avec l’accord d’Antoine et Olivier, l’éditrice a été obligée de faire un choix: le matériau était trop volumineux. Fidèle à la ligne éditoriale de Tallandier,, qui privilégie l’Histoire à la Littérature, elle a donc choisi dans les lettres de cette dernière les passages qui font écho à l’intensité de sa relation avec Hélène au fil du temps, laissant pour une ouvrage ultérieur ceux, plus littéraires, qui mettent sans doute plus en valeur la personnalité d’Odile, et donc les raisons de l’attachement d’Hélène à son égard.
L’orignal des lettres a été déposé par Antoine et Olivier Hyafil au Mémorial de la Shoah où il est possible de les consulter.
L’ensemble des archives autour d’Hélène Berr a été remis par Mariette Job, nièce d’Hélène et éditrice du Journal, au Mémorial de la Shoah (Mémorial de la Shoah/Fonds Mariette Job) où il est également possible de les consulter.